1997Des ombres en cadmium
Le cadmium est un métal qui apporte de l’intensité et de la saturation à certaines couleurs. Les rouges, les magentas, les oranges et les jaunes qui en contiennent se distinguent par leur caractère extrêmement chaud et saturé. Ce sont les couleurs employées dans la partie claire des formes et, par contraste, elles créent l’ombre des couleurs froides tout aussi intenses : les turquoises, les émeraudes, les bleus de Prusse ou les pourpres… Des ombres en cadmium annonce ainsi deux parties opposées : le cadmium désigne la peinture, de façon implicite, dans le matériau utilisé, et l’ombre propose le revers de ce qui est clairement visible, c’est-à-dire ce qui est caché parce qu’on le désire, on le sent ou on le craint. La lumière aveuglante du cadmium produit forcément des ombres. Les deux extrêmes rivalisent sur le même plan, ils s’opposent et dans leur lutte ils libèrent d’autres espaces pour la pensée. Un affrontement des sens qui dévoile, au moins, qu’il n’existe pas une façon de voir unique ou meilleure que les autres. En tout cas, ce choc déclenche le besoin de vouloir, à partir du doute, et de regarder, par le biais de la peinture, ces traits voilés et indéchiffrables de l’autre disparu dans la surface du tableau.
1997Des ombres en cadmium
Le cadmium est un métal qui apporte de l’intensité et de la saturation à certaines couleurs. Les rouges, les magentas, les oranges et les jaunes qui en contiennent se distinguent par leur caractère extrêmement chaud et saturé. Ce sont les couleurs employées dans la partie claire des formes et, par contraste, elles créent l’ombre des couleurs froides tout aussi intenses : les turquoises, les émeraudes, les bleus de Prusse ou les pourpres… Des ombres en cadmium annonce ainsi deux parties opposées : le cadmium désigne la peinture, de façon implicite, dans le matériau utilisé, et l’ombre propose le revers de ce qui est clairement visible, c’est-à-dire ce qui est caché parce qu’on le désire, on le sent ou on le craint. La lumière aveuglante du cadmium produit forcément des ombres. Les deux extrêmes rivalisent sur le même plan, ils s’opposent et dans leur lutte ils libèrent d’autres espaces pour la pensée. Un affrontement des sens qui dévoile, au moins, qu’il n’existe pas une façon de voir unique ou meilleure que les autres. En tout cas, ce choc déclenche le besoin de vouloir, à partir du doute, et de regarder, par le biais de la peinture, ces traits voilés et indéchiffrables de l’autre disparu dans la surface du tableau.














